Notre expérience à Gokarna
Dans les ruelles étroites de Gokarna, l'odeur d'encens qui s'échappe du temple de Mahabaleshwara se mêle à celle, plus salée, de la mer toute proche. Ce sanctuaire du IVe siècle est l'un des sept lieux sacrés (Muktisthala) du Karnataka : je croise, sur le parvis, des familles venues accomplir les derniers rites funéraires d'un proche, dans un recueillement qui n'a rien de touristique. On m'explique qu'à l'intérieur repose un linga sacré dont seul le sommet, en forme d'oreille de vache, reste visible et peut être touché par les fidèles — le reste demeurant, selon la légende, à jamais enfoui.
Je quitte le village par un sentier qui grimpe sur le promontoire rocheux séparant les plages, avec la mer d'un côté et des rizières de l'autre. Après une petite demi-heure de marche, sac au dos, sous les palmiers, j'arrive à Om Beach, dont la double courbe de sable dessine, vue d'en haut, le symbole sacré Om — d'où son nom. Plus loin encore, Kudle Beach, Half Moon Beach et Paradise Beach s'égrènent, chacune accessible seulement à pied ou en bateau, avec beaucoup moins de monde que sur les plages de Goa, à quelques heures de route au nord.
Je m'installe pour la fin de la journée sur un rocher, entre deux baignades, à regarder les pêcheurs remonter leurs filets et les derniers marcheurs redescendre vers le village avant la tombée de la nuit. Ici, contemplation religieuse et farniente de plage se côtoient sans vraiment se mélanger, chacun suivant son propre rythme.
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