Notre expérience à Gulbarga et Bidar
À Gulbarga, je pénètre dans un fort dont les premières fondations remontent à un roi hindou local, un certain Raja Gulchand, avant qu'Ala-ud-Din Bahman Shah ne l'agrandisse considérablement en 1347 pour en faire la première capitale de son nouveau sultanat Bahmanide. À l'intérieur des remparts, je m'arrête devant les Haft Gumbaz — littéralement les « sept dômes » — un alignement de mausolées où reposent plusieurs souverains bahmanides, leurs coupoles massives se découpant sur le ciel dans une lumière de fin de journée qui leur donne une couleur presque rosée.
Le lendemain, la route jusqu'à Bidar traverse un plateau aride du Deccan, et j'arrive dans une ville qui semble avoir gardé le rythme d'une capitale déchue plutôt que celui d'une préfecture de province. C'est ici que la capitale du sultanat fut transférée en 1427 par Ahmad Shah I, qui fit construire un fort comptant aujourd'hui plus de trente monuments — mosquées, palais, salles d'audience — à l'intérieur d'une même enceinte de latérite et de mortier de chaux. Je marche seul, ou presque, dans des cours qu'on imagine avoir grouillé de courtisans.
En sortant de la ville vers le quartier d'Ashtur, je découvre les tombeaux Bahmanides, une nécropole royale de neuf mausolées aux dômes et arcades richement décorés, puis le Chaukhandi, tombeau octogonal insolite dressé sur une petite colline, dédié à un saint conseiller des sultans. Avant de repartir, je m'arrête chez un artisan de bidri, cette technique locale d'incrustation d'argent sur un métal noirci qui a fait la réputation de la ville : je le regarde tapoter, minutieusement, un fil d'argent dans une gravure à peine visible — un geste répété depuis des générations, presque inchangé depuis l'époque des sultans.
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